La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

Une grande folie des arts de la rue s'empare de la Provence

03/05/ au 20/05/2013, "La Folle Histoire des Arts de la Rue", Marseille, Marignane, Lambesc, Charleval, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Aureille

Initiée en 2008 par l'association Karwan, "La Folle Histoire des Arts de la Rue" prend une dimension exceptionnelle dans le cadre de Marseille Provence 2013. Après trois éditions qui ont confirmées l'importance et les enjeux de cette manifestation - un champ artistique se nourrissant de décalages, poésies et impertinences en prise directe avec les questionnements du quotidien et de la rue -, la 4e "Folle Histoire des Arts de la Rue" sera plus ambitieuse, se voulant le reflet de ce que sont les Arts de la Rue aujourd'hui en Europe et en Méditerranée.



Installation de feu, Cie Carabosse © Vincent Muteau.
Installation de feu, Cie Carabosse © Vincent Muteau.
Cette édition spéciale débutera par un magnifique spectacle inaugural créé spécialement par la Cie Carabosse, à l’initiative de Karwan*, pour mettre en valeur le nouvel aménagement du Vieux Port qui fait maintenant la part belle à la piétonisation. Dans cet espace redimensionnée, nouveau décor entre ciel, terre et mer, la Cie Carabosse a imaginé une installation, "Le Vieux-Port entre flammes et flots", qui immergera complétement le spectateur dans le vacillement de milliers de flammes.

La Compagnie Carabosse est connu pour ses réalisations féeriques utilisant plutôt les bougies et les flammes douces, à l'inverse de l'explosive pyrotechnie, créant ainsi une immersion magique au milieu de ces petits feux dansants. Grâce à des centaines de pots de fleur emplis de cire dans lesquels brûle une mèche de coton, intégrés à des lianes, des boules, des fontaines, des anneaux, des balancelles, sera créée une large gamme de formes et de mouvements. D’où une infinie variété de compositions et d’effets. “Le Vieux-Port entre Flammes et Flots” investira la totalité du site, quais et plans d’eau et, pour la première fois, il va permettre au public de marcher sur l’eau... grâce à des pontons installés pour l’occasion.

Cie Artonik, "The Color of time" © Tayseer-Getty.
Cie Artonik, "The Color of time" © Tayseer-Getty.
Cette quatrième édition sera aussi l'occasion de retrouver des compagnies locales associées à la première édition de la manifestation en 2008 (Agence Tartar(e), Artonik, Générik Vapeur, ilotopie, No Tunes International) et de découvrir des compagnies d’Europe et de Méditerranée (Grèce, Finlande, Royaume-Uni, Suisse, Tunisie, Algérie, Liban, Palestine, Égypte, etc.). L'ensemble des spectacles présentés montreront les différentes façons d’investir l’espace public : écritures sur mesure (Compagnie Motionhouse ; Compagnie Les Batteurs de Pavés...) ; duo inouï (Gari Grèu/Tartar(e)) ; déambulation (Compagnie Artonik...), parcours urbain (Compagnie Thé à la Rue...), danse contemporaine (Ballet National de Marseille, Compagnie Pernette), sorties de résidence (Compagnie Eekuipoiz) et spectacles de répertoire de compagnie (Dance Theatre Minimi).

Avec en fil rouge, très rouge, imposant, unique, traduit en français, anglais et arabe, le "Porte-Folie" : Camion-expo des Arts de la Rue en Europe et en Méditerranée, ambassadeur du voyage, à visiter librement.

*Karwan est une association créée en 2000 qui a en charge le développement des Arts de la Rue et des Arts du Cirque, prioritairement sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Son objectif est de faire en sorte que les artistes de Rue et de Cirque y jouent le plus possible. Karwan se définie ainsi une équipe de "Bâtisseurs de projets culturels territoriaux” inventant ou soutenant des projets implantés localement, en partenariat avec les acteurs culturels et les collectivités du territoire. Concrètement, l'association intervient dans le domaine du conseil, des ressources, de la conception, du soutien, de la mise en œuvre et de la mise en réseau des projets.

À Marseille

Anne Guiot, directrice de Karwan, et Michel Crespin, fondateur du Festival d'Aurillac, de Lieux Publics et initiateur de La Cité des Arts de la Rue, 2012 © Gil Chauveau.
Anne Guiot, directrice de Karwan, et Michel Crespin, fondateur du Festival d'Aurillac, de Lieux Publics et initiateur de La Cité des Arts de la Rue, 2012 © Gil Chauveau.
● 3 et 4 mai (report possible le 5 mai si intempéries), balade en continu de 20 h 30 à 23 h 30, Le Vieux Port : "Le Vieux-Port entre flammes et flots" par la Compagnie Carabosse.
● 10 et 11 mai, 15 h et 21 h 30, Plage du Prado Nord : "Traction" par la Compagnie Motionhouse (Royaume-Uni).
● 10 et 11 mai, 21 h 30, Square Narvik - Esplanade Saint-Charles : "Sport Fiction" par le Ballet National de Marseille.
● 11 mai, 21 h 30, J4 : "Tartar(e) et Gari Grèu, spectacle musical" par Gari Grèu et Jean-Georges Tartar(e).
● 17 mai, 19 h, dans l'entreprise Descours & Cabaud, avenue des Aygalades : "Gourmandisiaque” par le Théâtre de l’Unité.
● 17 mai, de 21 h 30 à 2 h, Cité des Arts de la Rue : "Moteurs ! à La Cité des Arts de la Rue" avec les habitants de La Cité des Arts de la Rue.
● 17 et 18 mai, de 12 h à 18 h, L'Estaque : "Dream City, voyage à l’Estaque / L’Art en Rue" par Selma et Sofiane Ouissi (Tunisie).
● 19 mai, 21 h 30, J4 : "Waterlitz" par Générik Vapeur.
● 20 mai, 15 h, départ boulevard de Paris, angle Pontevès : "The Color of time" par la Compagnie Artonik.

Dans cinq communes du département des Bouches-du-Rhône

"Dream City" © Abdelatif Snoussi.
"Dream City" © Abdelatif Snoussi.
●8 mai à 10 h 30 et 9 mai à 18 h 30, Marignane : "A Vendre" par la Compagnie Thé à la Rue.
●8 mai à 18 h 30 et 9 mai à 10 h 30, Lambesc : "A Vendre" par la Compagnie Thé à la Rue.
●8 mai à 11 h 30, Marignane : "Absolut Finland" par la Cie Dance Theatre Minimi (Finlande).
●8 mai à 19 h 30, Lambesc : "Absolut Finland" par la Cie Dance Theatre Minimi (Finlande).
●9 mai à 11 h 30, Lambesc : "Manners of Success" par la Cie Dance Theatre Minimi (Finlande).
●9 mai à 19 h 30, Marignane : "Manners of Success" par la Cie Dance Theatre Minimi (Finlande).
●8 et 9 mai à partir de 15 h, Charleval : "Les 3 Mousquetaires”" par Les Batteurs de Pavés (Suisse).
●15 mai à partir de 10 h, Port-Saint-Louis-du-Rhône : "Ithaka 24" par la Compagnie Eekuipoiz (Grèce).
●15 mai à 17 h, Port-Saint-Louis-du-Rhône : "La Collection" par la Compagnie Pernette.
●15 mai à 20 h, Port-Saint-Louis-du-Rhône : "La Faim des Apôtres" par la Cie ilotopie.
●16 mai à 19 h 30, Aureille : "La Collection" par la Compagnie Pernette.
●16 mai à 10 h, Aureille : "Conte abracadabrant" par Les Batteurs de Pavés (Suisse).
●16 mai à 17 h, Aureille : "L’histoire de Princesse Courage" par Les Batteurs de Pavés (Suisse).
●16 mai à 17 h, Aureille : "T’as de la chance d’être mon frère" par la Cie No Tunes International.

● Du vendredi 26 avril au lundi 20 mai 2013 à Marseille, Lambesc, Marginane, Charleval, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Aureille : "Le Porte-Folie", Camion-expo, fil rouge de La Folle Histoire des Arts de la Rue (Traduit en francais, anglais et arabe).

Camion-expo "Le Porte-Folie" dans l'une des cours de La Cité des Arts de la Rue, 2012 © Gil Chauveau.
Camion-expo "Le Porte-Folie" dans l'une des cours de La Cité des Arts de la Rue, 2012 © Gil Chauveau.
Du 3 au 20 mai 2013.
La Folle Histoire des Arts de la Rue, 4e édition,
dans le cadre cette année de Marseille Provence 2013.
Karwan, La Cité des Arts de la Rue,
225, avenue des Aygalades, Marseille 15e.
Tél. : 04 96 15 76 30.

>> follehistoire.fr
>> mp2013.fr

Gil Chauveau
Samedi 27 Avril 2013

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022 | Avignon 2023 | Avignon 2024 | À l'affiche ter




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024