La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
CédéDévédé

Wallace… un premier album, entre folk et style manouche

Pour son premier album, R1 Wallace réussit à imposer son style fait d'une simplicité musicale efficace. Autour de guitares folk et manouche, sa voix, au timbre grave, s'accompagne également de violon, mêlant ainsi des univers croisés.



R1 Wallace, de son vrai nom Erwan Naour (cofondateur du groupe "Les Hurlements d'Léo"), nous offre un premier album de bel acabit. Il est accompagné par Bertille Fraisse (violon, synthé), de Nicolas Grosso (guitares électrique et manouche) et de Lois Eichelbrenner (guitare folk et basse). À l'inverse d'un timbre haut perché et métallique, sa voix a quelques fêlures, qui font leur charme, logées dans une tessiture grave.

Les rôles sont bien répartis entre paroles et musiques. L'un ne prime pas sur l'autre. Nul solo dans lequel les paroles garderaient l'arrière-cour. Là, l'équilibre est constant entre une voix qui s'accompagne essentiellement de guitares, de percussions toujours légères et parfois de violons. Ce triptyque musical allie une douce sonorité dans laquelle Wallace immisce des jeux de voix, où celles-ci peuvent être un peu étouffées comme sorties d'un magnétophone, avec parfois quelques cassures musicales où le tempo devient plus fluide et sonore.

Les chansons ne sont pas accompagnées par une musique qui "écrase" ou enveloppe les paroles. Bien au contraire, même si elle est très présente, la guitare accompagne la voix de Wallace comme sur "C'était toi" avec quelques notes de guitare électrique au début du morceau. Puis suit un son mélodieux, à la basse, avec des paroles entrecoupées comme si elles étaient des hémistiches.

L'album se poursuit avec un titre accompagné de violons à la sonorité enveloppée, veloutée. Puis un accent folk fait irruption dans "Mon cul", avec des claquements rythmés et découpés par quelques digressions de rythmes. Celui-ci s'arrête, redémarre et est accompagné par une trame musicale parfois bousculée par un autre tempo. C'est simple et efficace.

Les compositions sont axées sur la guitare toujours en lead mais souvent de façon discrète. Ou quand ça ne l'est pas, la guitare est en fond musical, avec des airs manouches où les accords glissent, s'enchaînent donnant un rythme très accentué à la mélodie.

"Over my windows", seul texte en anglais, a une tonalité particulière comme si la voix de Wallace était capturée avec un vieux microphone, comme faussement mal enregistrée. Le tempo est lent, la musique est basée sur des accords simples et prend son envol avec une guitare accompagnée de percussions. Le son se déshabille ensuite de cette atmosphère mêlée pour apparaître frais, sonore accompagné d'un canon de voix.

Le duo "Parle m'en" avec Bertille Fraisse a un côté bohème autour d'un violon et d'une guitare, relayés par une guitare folk à l'attaque sèche. Puis le tempo se fait autre, pendant une parenthèse musicale, où la voix, comme pour "Over my window", semble emmitouflée.

Musicalement, l'album est à la fois riche et simple avec des compositions dans lesquelles violon, guitares folk et manouche sont accompagnés de percussions suivant le tempo sans le bousculer. La simplicité n'a rien à voir avec la facilité. Elle est liée à des accords efficaces qui frappent par leur rythme et leur sonorité. Quelques ruptures viennent parfois se greffer sur la ligne mélodique des chansons. Leur musicalité évolue comme si elles accompagnaient de leur souffle l'auditeur dans un trek musical de quarante minutes où pentes raides, descentes, chemins escarpés et montés s'alignent pour prendre rendez-vous avec le talent et botter le cul à la monotonie.

● Wallace "Wallace".
Label : Isegoria Music.
Distribution : InOuïe Distribution.
Sortie : 14 octobre 2016.

Erwan Naour alias R1 Wallace : chant, guitare.
Bertille Fraisse : violon, chant, synthé.
Nicolas Grosso : guitare manouche et électrique, basse, percus.
Lois Eichelbrenner : guitare folk, basse, chœurs.

Tournée
18 novembre 2016 : Le Quai Vert, Frossay (44).
19 novembre 2016 : La Mauvaise Herbe, Soubise (17).
1er décembre 2016 : Les Ecuries de Baroja, Anglet (64).
2 décembre 2016 : Broc'vintage (privé, sur invits), Mont-de-Marsan (40).
3 décembre 2016 : Théâtre Municipal, Pézenas (34).
17 décembre 2016 : Association Staccato, Miramont-de-Guyenne (47).
6 janvier 2017 : Le Bijou, Toulouse (31).
10 février 2017 : Le Sonambule, Gignac (34).

Safidin Alouache
Mercredi 16 Novembre 2016

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022 | Avignon 2023 | Avignon 2024 | À l'affiche ter




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024