Aurélie Charneux est clarinettiste, de formation classique. Tout en sachant être simplement une interprète, elle est également compositrice et improvisatrice. Son ouverture aux musiques du monde l'amène à explorer et mélanger différents langages. Les musiques d'Europe de l'Est – plus particulièrement la musique klezmer (elle est fondatrice du Klezmic Zirkus) –, orientales et le swing, entre autres, ont une grande influence sur son parcours.
De ce fait, elle explore et s'essaye à différentes formes musicales, mais aussi scéniques, comme avec son quintet Mamaliga Orkestar aux influences Rom. Concernant ce dernier, leurs concerts sont agrémentés d'une mise en scène avec des costumes (cinq robes de mariées) et un jeu de scène, entraînant ainsi le public dans un univers vivant, décalé et poétique.
Le trio, formé avec les musiciens Simon Leleux et Nicolas Puma, est son dernier projet en date, dont elle a composé la plupart des titres. Celui est son sixième album chez homerecords.be et sans doute son plus personnel. Pour ce qui est des artistes "convoqués", le premier, percussionniste, s'est spécialisé dans le jeu du Doholla – une darbouka qui se caractérise par sa grande taille et un son très grave – ainsi que la pratique d'autres percussions, de styles rythmiques arabes et du Moyen-Orient. Le second est un contrebassiste, compositeur, qui sait multiplier les expériences, de l'expérimental Neige Trio aux nombreuses collaborations jazz en passant par la chanson avec la liégeoise (et hispanique) Nena.
De ce fait, elle explore et s'essaye à différentes formes musicales, mais aussi scéniques, comme avec son quintet Mamaliga Orkestar aux influences Rom. Concernant ce dernier, leurs concerts sont agrémentés d'une mise en scène avec des costumes (cinq robes de mariées) et un jeu de scène, entraînant ainsi le public dans un univers vivant, décalé et poétique.
Le trio, formé avec les musiciens Simon Leleux et Nicolas Puma, est son dernier projet en date, dont elle a composé la plupart des titres. Celui est son sixième album chez homerecords.be et sans doute son plus personnel. Pour ce qui est des artistes "convoqués", le premier, percussionniste, s'est spécialisé dans le jeu du Doholla – une darbouka qui se caractérise par sa grande taille et un son très grave – ainsi que la pratique d'autres percussions, de styles rythmiques arabes et du Moyen-Orient. Le second est un contrebassiste, compositeur, qui sait multiplier les expériences, de l'expérimental Neige Trio aux nombreuses collaborations jazz en passant par la chanson avec la liégeoise (et hispanique) Nena.
Pour apporter des colorations "cordes" sur quelques plages de l'album, Aurélie Charneux a fait appel au Quatuor Prisma. Ce dernier, formé en 2019, est né d'une rencontre fortuite entre les deux musiciennes et les deux musiciens lors de leur participation à l'enregistrement de l'album "Of Paint and Gold" d'O.R.A. (groupe électro rock alternatif). Sans se connaître, ils ont ressenti une connexion immédiate, les incitant à former un quatuor à cordes pour prolonger cette aventure musicale. Depuis, le Quatuor a collaboré avec des artistes tels que Kyo, Colt ou encore Leo Nocta. Leur répertoire s'étend de la pop au jazz, en passant par le classique. Cette diversité leur permet de s'adapter à divers contextes artistiques, comme ici le jazz et la world music.
En guise d'introduction, comme annonçant ce qui va suivre, "Juin en novembre" est une balade méditerranéenne, naviguant d'une rive à l'autre, où émergent notamment des rythmes syncopés, le ternaire laissant la place à un 11 à l'énergie plus haute, et à quelques fugaces ambiances orientales. Voguant avec une fluidité presque aquatique, chaque instrument prend ici la parole, comme une présentation posée, tout en laissant planer quelques mystères, appelant la suite qu'est "Cinquième saison", la seconde composition qui donne son titre à cet opus.
Celle-ci commence par une rythmique soutenue appelant les violons, puis la clarinette, sur une mélodie dansante bien qu'asymétrique de mesures à cinq temps. Les envolées venteuses, mais enthousiastes, d'Aurélie créent un univers mélodieux entre nostalgie et espérance dans le futur, presque une utopie… Le temps de la cinquième saison serait-il enfin venu ?
Tout comme l'ère de nouvelles contrées. Et "Tropical Taïga", serait alors un mélange de froid et de chaud, d'un côté les montagnes de l'Europe de l'Est, le phrasé klezmer, de l'autre les influences orientales, ensoleillées, presque sous les palmiers. Une évasion et une conversation à trois, vers un pays qui n'existe pas encore, dialogue tout en finesse et variété dans l'utilisation des percussions, de l'archet pour les cordes et d'une originalité intrigante du thème développé en improvisation par la clarinette.
Climat plus "Sec et plutôt torride" ensuite, avec une longue et chaleureuse mélopée d'inspiration orientale enveloppée par les battements organiques générés par les percussions de Simon Leleux. La fraîcheur arrive ensuite avec "Température idéale", une balade sereine et printanière, puisant dans un souffle grave et une ligne de basse épurée, mais précise, le calme aérien d'un jazz sans complexe.
La plage 7, "Solaire polaire", apporte aussi une forme d'air frais, vivifiant, virevoltant et joyeux, émanant d'une mélodie simple, mais très entraînante et extrêmement élégante, nous plongeant dans une douce beauté crépusculaire polaire. Suit "Smog radieux" qui, dans une succession d'ambiances et de rythmiques, tantôt feutré, tantôt rauque, nous convint de la réelle virtuosité du trio à dialoguer ensemble. Et cerise sur le gâteau, pour finir tout en douceur, les cordes du Quatuor Prisma accompagnent avec maestria l'intime mélodie pour dire simplement "Écoute s'il pleut".
L'ensemble de cet opus ne laisse présager que du bon pour l'avenir, nous incitant à aller voyager avec le Trio Charneux - Leleux - Puma lors d'un concert, pour mieux attendre le prochain album… et se dire que le jazz est une réelle exploration d'univers musicaux nouveaux avec cette capacité rare aujourd'hui de pouvoir se mélanger avec bonheur, et en toute liberté !
◙ Gil Chauveau
En guise d'introduction, comme annonçant ce qui va suivre, "Juin en novembre" est une balade méditerranéenne, naviguant d'une rive à l'autre, où émergent notamment des rythmes syncopés, le ternaire laissant la place à un 11 à l'énergie plus haute, et à quelques fugaces ambiances orientales. Voguant avec une fluidité presque aquatique, chaque instrument prend ici la parole, comme une présentation posée, tout en laissant planer quelques mystères, appelant la suite qu'est "Cinquième saison", la seconde composition qui donne son titre à cet opus.
Celle-ci commence par une rythmique soutenue appelant les violons, puis la clarinette, sur une mélodie dansante bien qu'asymétrique de mesures à cinq temps. Les envolées venteuses, mais enthousiastes, d'Aurélie créent un univers mélodieux entre nostalgie et espérance dans le futur, presque une utopie… Le temps de la cinquième saison serait-il enfin venu ?
Tout comme l'ère de nouvelles contrées. Et "Tropical Taïga", serait alors un mélange de froid et de chaud, d'un côté les montagnes de l'Europe de l'Est, le phrasé klezmer, de l'autre les influences orientales, ensoleillées, presque sous les palmiers. Une évasion et une conversation à trois, vers un pays qui n'existe pas encore, dialogue tout en finesse et variété dans l'utilisation des percussions, de l'archet pour les cordes et d'une originalité intrigante du thème développé en improvisation par la clarinette.
Climat plus "Sec et plutôt torride" ensuite, avec une longue et chaleureuse mélopée d'inspiration orientale enveloppée par les battements organiques générés par les percussions de Simon Leleux. La fraîcheur arrive ensuite avec "Température idéale", une balade sereine et printanière, puisant dans un souffle grave et une ligne de basse épurée, mais précise, le calme aérien d'un jazz sans complexe.
La plage 7, "Solaire polaire", apporte aussi une forme d'air frais, vivifiant, virevoltant et joyeux, émanant d'une mélodie simple, mais très entraînante et extrêmement élégante, nous plongeant dans une douce beauté crépusculaire polaire. Suit "Smog radieux" qui, dans une succession d'ambiances et de rythmiques, tantôt feutré, tantôt rauque, nous convint de la réelle virtuosité du trio à dialoguer ensemble. Et cerise sur le gâteau, pour finir tout en douceur, les cordes du Quatuor Prisma accompagnent avec maestria l'intime mélodie pour dire simplement "Écoute s'il pleut".
L'ensemble de cet opus ne laisse présager que du bon pour l'avenir, nous incitant à aller voyager avec le Trio Charneux - Leleux - Puma lors d'un concert, pour mieux attendre le prochain album… et se dire que le jazz est une réelle exploration d'univers musicaux nouveaux avec cette capacité rare aujourd'hui de pouvoir se mélanger avec bonheur, et en toute liberté !
◙ Gil Chauveau
● Trio Charneux - Leleux - Puma "Cinquième saison".
Label : homerecords.be.
Distribution : L'Autre Distribution.
Sortie : 7 mars 2025.
Aurélie Charneux : compositions, clarinettes,
Simon Leleux : percussions
Nicolas Puma : contrebasse,
Musiciens invités : Quatuor Prisma (titres 2, 5, 7, 9) composé de
Allison Trésor (premier violon), Julien Gillain (second violon), Maxime Devynck (alto) et Eugénie Defraigne (violoncelle).
Concert de lancement
10 avril 2025 au 360 Paris Music Factory, Paris 18ᵉ, 01 47 53 62 57.
Label : homerecords.be.
Distribution : L'Autre Distribution.
Sortie : 7 mars 2025.
Aurélie Charneux : compositions, clarinettes,
Simon Leleux : percussions
Nicolas Puma : contrebasse,
Musiciens invités : Quatuor Prisma (titres 2, 5, 7, 9) composé de
Allison Trésor (premier violon), Julien Gillain (second violon), Maxime Devynck (alto) et Eugénie Defraigne (violoncelle).
Concert de lancement
10 avril 2025 au 360 Paris Music Factory, Paris 18ᵉ, 01 47 53 62 57.