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Cirque & Rue

Lauréats 2025 du dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD

Réunie le 25 février dernier en présence de Frédéric Fort, conseiller Arts de la Rue SACD, la commission du dispositif Auteurs d’Espaces a sélectionné cinq projets parmi les cinquante-deux reçus. Les cinq créations seront présentées dans l'un des trois festivals partenaires : Chalon Dans la Rue, le Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac et Cergy, Soit !
Un dispositif unique dédié aux arts de la rue.



"Friterie mon ami.e" de Lesli Baechel et César Roynette, Compagnie Bonjour Désordre © Clément Martin.
"Friterie mon ami.e" de Lesli Baechel et César Roynette, Compagnie Bonjour Désordre © Clément Martin.
En partenariat avec les festivals incontournables du répertoire des arts de la rue, le dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD, présente et accompagne une sélection de spectacles d'auteurs et d'autrices "arts de la rue", textuels ou non textuels, fixes ou déambulatoires, valorisant cette écriture spécifique distincte du théâtre dans la rue.

Auteurs d'Espaces invite par ailleurs les spectacles de rue à s'ouvrir à l'ensemble des répertoires du spectacle vivant, ainsi qu'aux artistes venus de tous horizons afin de mettre en lumière la richesse des correspondances entre les arts. Avec ce partenariat tissé avec des festivals de renom, Auteurs d'Espaces est un dispositif qui répond parfaitement aux ambitions de la SACD et de son action culturelle, à savoir aider à créer et à diffuser les œuvres des autrices et auteurs de tous ses répertoires.

"Cette année encore les nombreuses candidatures au dispositif Auteurs d'Espaces ont fait la preuve que les Arts de la Rue regorgent de propositions novatrices et proposent des dramaturgies ambitieuses dédiées à l'Espace Public dans des formes aussi variées que pertinentes.

Ainsi, le cinéma immersif, la chorégraphie participative, le cirque permanent, le conte roboratif du terroir, ou le théâtre comme contre-célébration ; se jouant de l'actualité comme de nos questionnements millénaires, maniant aussi bien l'humour qu'excitant la crainte et la pitié, invitant le public à se mêler à l'acte artistique dans des scénographies in situ et des propos in foro ; représenteront le choix de la commission 2025 à Chalon, Aurillac et Cergy. Toute jeune compagnie, ou compagnie confirmée, venant d'une région ou d'une autre, et dirigée majoritairement par des autrices. Nous leur souhaitons de belles rencontres avec les publics à venir, toujours plus nombreux chaque année lors de ces festivals", précise Frédéric Fort.

Les 5 projets lauréats
Au Festival Chalon dans la rue à Chalon-sur-Saône du 17 au 20 juillet 2025 :
"Campement" de Valentina Santori ; Paul Cretin ; Sylvain Pascal ; Thomas Dequidt ; Pierrick Bonjean ; Pietro Selva Bonino, Association Incubateur.
"Métamortem" de Maryne Lanaro, Collectif Grand Dehors.

Au Festival International de Théâtre de Rue à Aurillac du 20 au 23 août 2025 :
"En attendant la Vague" de Jean-Marc Besenval et Florentin Guesdon, Espèces d'Espaces.
"Friterie mon ami.e" de Lesli Baechel et César Roynette, Compagnie Bonjour Désordre.

Au festival Cergy, Soit ! à Cergy du 12 au 21 septembre 2025 :
"K.O - s p o r t" de Zoé Pannier, Supersueurs.

Le jury de la commission
Le jury de la commission Auteurs d'Espaces était composé de deux autrices et un auteur : Juliette Hecquet (Notre Insouciance), Aïcha Touré, Pascal Le Guennec (Oposito). Ainsi que d'une programmatrice et deux programmateurs : Lucile Chesnais Slootman (Festival Chalon dans la rue) ; Sébastien Bris (Festival Cergy Soit !) et Frédéric Remy (Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac).

Photo : Friterie bricolée N°5 Hénin-Beaumont, capitale française de la convivialité // avril 2023 // Centre culturel L'Escapade à Hénin-Beaumont // Les résidents du foyer d'adultes en situation de handicap, Le Bord des eaux, activent la friterie et Radio patate. La friterie est accessible à tous © Clément Martin.

Gil Chauveau
Jeudi 6 Mars 2025

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"Bienvenue Ailleurs" Faire sécession avec un monde à l'agonie pour tenter d'imaginer de nouveaux possibles

Sara a 16 ans… Une adolescente sur une planète bleue peuplée d’une humanité dont la grande majorité est sourde à entendre l’agonie annoncée, voire amorcée diront les plus lucides. Une ado sur le chemin de la prise de conscience et de la mutation, du passage du conflit générationnel… à l'écologie radicale. Aurélie Namur nous parle, dans "Bienvenue ailleurs", de rupture, de renversement, d'une jeunesse qui ne veut pas s'émanciper, mais rompre radicalement avec notre monde usé et dépassé… Le nouvel espoir d'une jeunesse inspirée ?

© PKL.
Sara a donc 16 ans lorsqu'elle découvre les images des incendies apocalyptiques qui embrasent l'Australie en 2020 (dont l'île Kangourou) qui blessent, brûlent, tuent kangourous et koalas. Images traumatiques qui vont déclencher les premiers regards critiques, les premières révoltes générées par les crimes humains sur l'environnement, sans évocation pour elle d'échelle de gravité, cela allant du rejet de solvant dans les rivières par Pimkie, de la pêche destructrice des bébés thons en passant de l'usage de terres rares (et les conséquences de leur extraction) dans les calculettes, les smartphones et bien d'autres actes criminels contre la planète et ses habitants non-humains.

Puisant ici son sujet dans les questionnements et problèmes écologiques actuels ou récurrents depuis de nombreuses années, Aurélie Namur explore le parcours de la révolte légitime d’une adolescente, dont les constats et leur expression suggèrent une violence sous-jacente réelle, puissante, et une cruelle lucidité, toutes deux fondées sur une rupture avec la société qui s'obstine à ne pas réagir de manière réellement efficace face au réchauffement climatique, à l'usure inconsidérée – et exclusivement humaine – de la planète, à la perte de confiance dans les hommes politiques, etc.

Composée de trois fragments ("Revoir les kangourous", "Dézinguée" et "Qui la connaît, cette vie qu'on mène ?") et d'un interlude** – permettant à la jeunesse de prendre corps "dansant" –, la pièce d'Aurélie Namur s'articule autour d'une trajectoire singulière, celle d'une jeune fille, quittant le foyer familial pour, petit à petit, s'orienter vers l'écologie radicale, et de son absence sur le plateau, le récit étant porté par Camila, sa mère, puis par Aimé, son amour, et, enfin, par Pauline, son amie. Venant compléter ce trio narrateur, le musicien Sergio Perera et sa narration instrumentale.

Gil Chauveau
10/12/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024