La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Le Quatuor Béla, des cordes et des accords d’aujourd’hui

La jeune formation - à découvrir absolument - poursuit sa tournée en France. On pourra l’écouter à Paris le 14 novembre au Centre culturel irlandais et à la Cité de la Musique le 18 janvier 2014 à l’occasion de la 6e Biennale des "Quatuors à cordes". Un CD consacré au compositeur György Ligeti sort également dans quelques jours.



© Sylvie Friess.
© Sylvie Friess.
Le Quatuor Béla fait entendre sa différence depuis sa création en 2006 en réconciliant public et spécialistes sur les terres trop mal connues de la musique contemporaine. Formé de jeunes musiciens issus des conservatoires de Lyon et Paris, il ne craint pas de multiplier les incursions sur d’autres territoires comme le jazz, les musiques world, électroacoustique ou traditionnelle. Frédéric Aurier - également compositeur -, Julien Dieudegard, Julian Boutin et Luc Decreuil ont à cœur d’ouvrir de nouveaux horizons au public en s’associant à des créateurs originaux dans de nombreuses performances. Témoignant d’une ouverture d’esprit rafraichissante, le quatuor mérite votre reconnaissance.

Le 14 novembre, le Centre culturel Irlandais accueille ces remarquables interprètes pour un concert "Fantaisies" où ils s’associeront en quintet avec l’altiste Garth Knox pour deux créations : "The Weaver’(s) Grave", composée par ce dernier, et une nouvelle pièce de Simon Mawhinney, "In all the worlds". Un titre qui va au Quatuor Bela comme un gant. Les 15 et 16 novembre, c’est à l’Atelier du Plateau - toujours à Paris - qu’on pourra découvrir l’ampleur de leur talent (et de leur maîtrise du répertoire du compositeur György Ligeti) avant deux concerts à Chambéry et Lyon à la fin du mois. Au mois de janvier, le quatuor reviendra à la Cité de la Musique pour une nouvelle édition de la Biennale réservée aux quatuors à cordes, dont il renouvelle brillamment les missions entre improvisation, création informatique et théâtre musical.

© Sylvie Friess.
© Sylvie Friess.
Concert le 14 novembre 2013 à 19 h 30.
Centre culturel irlandais, 01 58 52 10 30.
5 rue des Irlandais, Paris 5e.
Réservation :
azuddas@centreculturelirlandais.com

Programme :
Benjamin Britten, "Three Divertimenti".
Simon Mawhinney, "In all the worlds" (création).
George Benjamin, "Viola, viola".
Garth Knox, "The Weaver’(s) Grave".

Frédéric Aurier, violon.
Julien Dieudegard, violon.
Julian Boutin, alto.
Luc Dedreuil, violoncelle.
Garth Knox, alto.

© Jean-LouisFernandez.
© Jean-LouisFernandez.
Autres dates :

>> 15 et 16 novembre 2013 : "Si oui oui, sinon non" avec Albert Marcœur.
À l’Atelier du Plateau, 5 rue du Plateau Paris 19e.
>> 22 novembre 2013 : Scène nationale de Chambéry (73).
>> 25 novembre 2013, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon (69).
>> 18 janvier 2014 à 15 h : Biennale "Quatuors à cordes" (18 au 26 janvier 2014).
Concert avec réalisation informatique.
Cité de la Musique, 01 44 84 44 84.
221 avenue Jean Jaurès Paris 19e.

● Quatuor Béla "György Ligeti - Complete String Quartets - Sonate".
Label : Æon.
Distribution : Outhere Music.
Sortie : Novembre 2013.
>> quatuorbela.com

Christine Ducq
Mardi 5 Novembre 2013

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024