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20 millions d'euros pour "L'été culturel"  03/07/2020

Festival du Chant de Marin, Paimpol 2019 © Gil Chauveau.
Franck Riester, ministre de la Culture, mobilise 20 millions d'euros dès le début du mois de juillet en faveur de "L'été culturel", pour des projets qui se dérouleront jusqu'au mois de septembre.

En parallèle d'un travail permanent et intense pour accompagner la réouverture de tous les lieux culturels, le ministre de la Culture a souhaité encourager toutes les propositions permettant des échanges entre les artistes et les habitants partout sur le territoire, métropolitain comme ultra marin.

"L'été qui commence doit permettre, après trois mois difficiles, les retrouvailles entre les Français et la vie culturelle, entre les artistes, les œuvres, et les habitants des territoires. Je souhaite, au cours de ces deux mois d'été, que chacune et chacun, quelle que soit sa situation, puissent partager des moments culturels forts, et redécouvrir la richesse artistique et patrimoniale de la France." Franck Riester, ministre de la Culture.

Il s'agit, alors même que la fréquentation des lieux de culture n'est pas encore possible partout et pour tous, de permettre que l'été 2020 soit pleinement un "été culturel", à travers deux grands objectifs :

- Soutenir les artistes, notamment les plus jeunes et les plus fragiles d'entre eux, en finançant des actions de création et de diffusion, et en leur permettant d'aller à la rencontre des habitants.

- Proposer aux Français et aux visiteurs de renouer avec une offre culturelle non plus immatérielle mais physique, et de rencontrer les œuvres et les artistes, dans des formats multiples.

Chaque direction régionale des affaires culturelles, et direction et mission des affaires culturelles en Corse et en Outre-mer, sera chargée, en coopération avec les acteurs locaux et les collectivités territoriales, de mobiliser et d'accompagner, notamment financièrement, l'ensemble du réseau culturel pour que des projets voient le jour sur tout le territoire. Les opérateurs nationaux du ministère de la Culture seront également mobilisés et proposeront de nombreux projets, y compris hors les murs, en partenariat avec les collectivités territorial

Ces projets devront permettre prioritairement de s'adresser aux jeunes, à leurs familles, aux personnes les plus fragilisées et à ceux que la crise empêchera de partir en vacances. Une attention particulière sera portée aux quartiers politiques de la ville, ainsi qu'aux zones rurales.

La carte de l'ensemble des lieux culturels et de création rouverts est accessible sur la plateforme #culturecheznous depuis le 22 mai. Cette carte sera également disponible prochainement sous forme d'application mobile géolocalisée. Cette application mettra plus particulièrement en valeur une dizaine de lieux à visiter dans chaque région.

Communiqué de presse du Ministère de la Culture

Photo : Festival du Chant de Marin, Paimpol 2019 © Gil Chauveau.
La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
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