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Concerts

Malices et merveilles au 27e Festival Baroque de Pontoise !

Du 14 septembre au 20 octobre 2012, allons découvrir les malices et merveilles du répertoire musical des XVIIe et XVIIIe siècles et revisitons Venise, la Perse et bien d’autres royaumes en plein cœur de ce Vexin - qui attira tant les Impressionnistes.



"Caligula" © Maroussia Podkosova.
"Caligula" © Maroussia Podkosova.
Le festival est né de la volonté de faire revivre l’orgue historique de l’église Notre-Dame de Pontoise. En vingt-six ans d’existence, il s’est considérablement enrichi et propose désormais huit semaines de concerts, de théâtre, de jongleries musicales et d’opéra joué par des marionnettes, entre autres comédies-ballets et spectacle pyrotechnique.

Découvrir ou renouer avec la musique ancienne profane et sacrée jouée sur instruments d’époque est bien tentant. Cette année le public est invité à retrouver Vivaldi, Haendel, Scarlatti, Bach mais aussi Mozart et des compositeurs injustement moins connus comme Gabrielli et le créateur d’un opéra, "Caligula", Giovanni Maria Pagliardi. Vous le voyez, la programmation ne promeut pas que des artistes baroques - même les musiques médiévale et renaissante n’ont pas été oubliées.

"Monsieur de Pourceaugnac", Cie l’Éventail © Benoit Bremer.
"Monsieur de Pourceaugnac", Cie l’Éventail © Benoit Bremer.
Fidèle à sa mission de défricheur de talents - Jordi Savall, Philippe Jaroussky y ont été invités -, le Festival Baroque de Pontoise accueille cet automne Le Poème harmonique de Vincent Dumestre, l’ensemble Arsys Bourgogne, et beaucoup d’autres. Ce sera aussi l’occasion de repérer des jeunes pousses talentueuses venues d’ici ou d’ailleurs.

Un enchantement musical donc, placé sous le signe du merveilleux à déguster dans des lieux surprenants : de la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise au Château d’Ecouen, le musée national de la Renaissance, de théâtres du Val d’Oise à l’abbaye de Maubuisson, etc. En bordure de cette "jeune Oise" qu’a mélancoliquement chanté Arthur Rimbaud, on ne boudera pas son plaisir !

Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Festival 2010 © DR.
Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Festival 2010 © DR.
27e Festival Baroque de Pontoise
Du 14 septembre au 20 octobre 2012.
Bureau du Festival (Permanence ouverte à partir du mardi 4 septembre) :
du mardi au vendredi de 14 h 30 à 17 h 30, le samedi de 10 h à 12 h 30,
7, place du Petit Martroy, 95300 Pontoise.
Renseignements : 01 34 35 18 71.
Programme, renseignements, réservations :
>> festivalbaroque-pontoise.fr

Christine Ducq
Mardi 11 Septembre 2012

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Concerts | Lyrique




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À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024