La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Olivier Dubois à la direction du Centre chorégraphique national de Roubaix et du Nord-Pas de Calais  16/04/2013

En accord avec la ville de Roubaix et la région Nord-Pas de Calais, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, annonce la nomination d'Olivier Dubois à la direction du Centre chorégraphique national de Roubaix et du Nord-Pas de Calais.

Chorégraphe et danseur, Olivier Dubois a d'abord été l'interprète hors norme de nombreux chorégraphes dont Angelin Preljocaj , Nasser Marin-Gousset, Jan Fabre, Sasha Waltz , Dominique Boivin. Il fonde la compagnie COD en 2007 après le succès à Avignon de son solo "Pour tout l'or du monde...".

Il a développé une capacité peu commune à chorégraphier les larges ensembles, que ce soit dans sa création autour du "Spectre de la rose" pour les Ballets de Monte-Carlo, ou bien dans "Tragédie" au Festival d'Avignon de 2012. Ses créations allient écriture au cordeau et engagement physique des danseurs, rencontrant un large public.

Il est actuellement artiste associé au CENTQUATRE à Paris, également implanté à L'Apostrophe - scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d'Oise. Son travail de sensibilisation "Envers et contre tous" réalisé en 2011 avec 120 amateurs au Prisme d’Élancourt a démontré la force d'entraînement de ses actions vers les publics.

Son projet pour le Centre chorégraphique national de Roubaix et Nord-Pas de Calais engage son répertoire de créations et son énergie au service d'une institution emblématique et d’un rapport fort au territoire. Il définit le CCN comme un espace permanent de dialogue avec les artistes, les publics, les établissements culturels de la métropole lilloise et de la région Nord-Pas de Calais. Il marque son attachement à l’école et aux questions de transmission et insiste sur l’investissement personnel du directeur dans la rencontre des populations.

Il prendra ses fonctions au 1er janvier 2014, succédant ainsi à Carolyn Carlson qui a accompli un magnifique redressement de cet outil de premier plan qu'est le Centre chorégraphique national de Roubaix et Nord-Pas de Calais.

Aurélie Filippetti tient à saluer la très grande qualité des projets présentés par Pierre Rigal et Christian Rizzo, également finalistes dans cette candidature.

>> olivierdubois.org

Communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication du 15 avril 2013.

Photo : Création "Révolution" d'Olivier Dubois, 2009 © Tommy Pascal.

Lire les autres brèves.
La Rédaction

Nouveau commentaire :





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024