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Nomination de Claire Lasne-Darcueil à la direction du Conservatoire national supérieur d'art dramatique  06/11/2013

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a proposé au Président de la République de nommer Claire Lasne-Darcueil à la direction du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris.

Après avoir fondé la compagnie "Les Archarnés" avec Mohamed Rouabhi, Claire Lasne-Darcueil a dirigé, de 1998 à 2010, le Centre Dramatique Poitou-Charentes. Elle co-dirige aujourd’hui la Maison du comédien Maria Casarès en Charente tout en poursuivant son activité de metteur en scène au sein de sa compagnie "Dehors/dedans".

Forte d’une exemplarité liant la pratique au terrain et l’expérience pédagogique au plateau, ayant travaillé en salle, sous chapiteau, en extérieur, avec des publics très différents, circulé dans de très nombreux milieux et dans des aventures collectives, Claire Lasne-Darcueil portera pour le Conservatoire un projet en prise avec ses enjeux fondamentaux, permettant d'assurer une nouvelle cohérence des enseignements, ainsi qu’une ouverture de l'établissement tant sur le monde que sur la société qui l'entoure.

L’enthousiasme et la conviction que reflète le projet de Claire Lasne-Darcueil, associés à l’exigence qu’elle place dans cette mission, pour l’école de la République, pour ses élèves, pour chaque étape de la formation qu’elle dispense, répondent aux attentes de la ministre de la Culture et de la Communication. Œuvrer à la diversité de toutes les activités du Conservatoire, y compris en ce qui concerne son recrutement, prendre en compte les possibilités offertes par les outils technologiques et déployer ainsi une vision large du rôle de l'acteur dans le renouvellement des formes sont des objectifs essentiels. Claire Lasne-Darcueil développera enfin des partenariats avec des institutions théâtrales en région qui accueilleront des chantiers de création.

La ministre tient à saluer Daniel Mesguich et à le remercier pour son engagement en tant que directeur du Conservatoire, fonction qu’il quitte pour retrouver son activité d’artiste.
La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
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La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

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