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La SACD aux Francophonies en Limousin 2018… Soutenir les écritures francophones dans leur diversité  21/09/2018

Le festival des Francophonies en Limousin accueille, du 26 septembre au 6 octobre à Limoges, tous les auteurs et autrices du spectacle vivant francophone. Partenaire du festival depuis de nombreuses années, la SACD met à l'honneur la vitalité des écritures francophones venues du monde entier à l'occasion de la remise de son Prix de la Dramaturgie Francophone.

Chaque année, elle réaffirme son soutien sans faille à la défense de la culture et de la diversité qui est un enjeu fondamental. Cet engagement s'exprime également dans son partenariat avec le prix RFI Théâtre auquel la SACD s'associe depuis sa création en 2014.

Le texte lauréat 2018 est "Maître Karim la perdrix" de Martin Bellemare

Attribué à l'auteur d'une œuvre d'expression française parmi une sélection de textes proposée par la Maison des Auteurs de Limoges, le prix SACD de la Dramaturgie Francophone 2018 est décerné à "Maître Karim la perdrix" de l'auteur canadien Martin Bellemare, un texte au rythme singulier fruit d'une construction à plusieurs voix, une œuvre forte sur un sujet d'actualité, l'exil.

La remise de ce prix décerné par la commission Théâtre de la SACD, aura lieu le dimanche 30 septembre à 13 h à l'espace Côté Jardin situé dans le jardin du Bureau du Festival. Blandine Pélissier et Marion Aubert, membres de la commission théâtre de la SACD, remettront le Prix 2018 à Martin Bellemare en compagnie de Marie-Agnès Sevestre, directrice du festival des Francophonies. Cette cérémonie sera suivie par la remise du Prix RFI Théâtre 2018 en collaboration avec la SACD.

Issu du programme d'écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada, le dramaturge canadien Martin Bellemare est l'auteur d'une quinzaine de pièces. Il reçoit le Prix Gratien-Gélinas pour "Le Chant de Georges Boivin" en 2009 et obtient trois fois l'Aide à la création du CNT (ARTCENA) pour "La Liberté" en 2012, "Maître Karim la perdrix" et "Moule Robert" en 2017, cette dernière pièce étant soutenue dans l'écriture par une bourse du CNL.

Publié chez Dramaturges Éditeurs, Martin Bellemare reçoit plusieurs fois le soutien du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et lettres du Québec. Son travail en théâtre jeune public est publié chez Lansman : "Des pieds et des mains", "La chute de l'escargot", "Tuer le moustique", "Un château sur le dos", "Le cri de la girafe", "L'oreille de mer".

Il donne différents ateliers (ETC_Caraïbe, Jamais Lu, Festival Petits et Grands, Paris-Bibliothèques/Tarmac, Théâtre Bouches Décousues, Théâtre de l'Aquarium, CARROI/La Flèche) et effectue plusieurs résidences d'écriture notamment à la Maison des Auteurs de Limoges en 2014. Dans le cadre d'une résidence d'écriture en Pologne, il écrit ainsi, pour le projet francophone de DramÉducation, quatre courtes pièces publiées chez DramÉdition : "Barbus au sommet de la montagne", "La ligne droite", "Le rendez-vous", et "La paix numéro cinq".

Martin Bellemare participe également à l'activité "Lire et dire le théâtre en famille" de Scènes Appartagées. Avec l'auteur français Gianni-Grégory Fornet et l'auteur camerounais Sufo Sufo, lauréat 2017 du Prix SACD de la Dramaturgie Francophone, il écrit la pièce pour ados "Par tes yeux", créée cette année aux Francophonies en Limousin.

La copie privée est une source de financement capitale pour les auteurs et pour la création contemporaine. Pour en savoir plus sur l'action culturelle et sur l'apport essentiel de la copie privée aux différents Fonds SACD, n’hésitez pas à consulter la rubrique Soutiens à la création sur le site de la >> SACD.
La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
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© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

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