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Des artistes de la musique se mobilisent pour la défense de l'exception culturelle dans le cadre de l'accord de libre-échange avec les États-Unis  10/06/2013

Près de 500 artistes ont déjà signé un appel pour la préservation de l'exception culturelle de nouveau menacée !
Parmi lesquels : Anaïs, Keren Ann, Jennifer Ayache, Charles Aznavour, Richard Bona, Ludovic Bource, Brigitte, Francis Cabrel, Alain Chamfort, Julien Clerc, Paolo Conte, Bruno Coulais, Da Silva, Gérald De Palmas, Éric Demarsan, Alexandre Desplat, Pascal Dusapin, Thomas Dutronc, Marianne Faithfull, Grand Corps Malade, Grégoire, Jean-Michel Jarre, Maxime Le Forestier, Nolwenn Leroy, Ibrahim Maalouf, Bruno Mantovani, Jean-Jacques Milteau, Ennio Morricone, Orelsan, Passi, Luc Plamondon, Oxmo Puccino, Renaud, Bob Sinclar, Nicola Sirkis, Soprano, Alain Souchon, Tryo, Gabriel Yared, Zaz, Zazie...


Malgré la ratification en 2005 par 126 pays de la Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, malgré l'exclusion traditionnelle des services audiovisuels et culturels du domaine des négociations bilatérales et de l'OMC, malgré le vote récent d'une résolution du Parlement européen excluant ces services, y compris en ligne, du cadre du mandat de négociation avec les États-Unis, le risque de voir la culture considérée comme n'importe quelle autre marchandise fait sa réapparition. La Commission européenne à l'exception de trois Commissaires a décidé le 13 mars d'intégrer les services audiovisuels et culturels dans son mandat de négociation lors des discussions commerciales qui débuteront cet été avec les États-Unis.

Les créateurs de la musique refusent avec force d'accepter ce retour en arrière et se mobilisent afin que les chefs d'État et de gouvernement européens se prononcent le 14 juin pour l'exclusion définitive des services audiovisuels et culturels de ces négociations transatlantiques.

La reconnaissance d'un statut spécifique aux œuvres de l'esprit est désormais une évidence partagée par tous. Pour cette raison, les créateurs de musique considèrent qu'il est crucial que l'Union européenne se positionne fermement et clairement en faveur de l'exclusion de ces services, tant dans leurs modes de diffusion traditionnels que numériques, du mandat des négociations commerciales.

Il s'agit entre autres pour les créateurs et artistes de la musique de se mobiliser afin de préserver les dispositifs nationaux et européens de soutien et de régulation de nos politiques culturelles. À titre d'exemple, les quotas radio sont menacés par ces négociations si elles incluent les services audiovisuels et culturels, comme le souhaitent les États-Unis et la Commission européenne.

Pour soutenir cet engagement, signez la pétition.
Elle est en ligne sur www.sacem.fr et sur www.touspourlamusique.org

Communiqué de la Sacem du lundi 10 juin 2013.

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La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
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"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024