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Communiqué des occupants du Théâtre de l’Odéon – 27 avril – 17 h  27/04/2016

Ouvrons l’Odéon !
Depuis 70 heures, après 3 nuits passées à l’intérieur, le théâtre de l'Odéon - Théâtre de l’Europe à Paris est toujours occupé par une cinquantaine d’étudiantes, de chômeuses, d'intermittentes, précaires, salariées et de nuits deboutistes.


Pour le 2e soir consécutif, la direction a choisi d’annuler la représentation de "Phèdre(s)".

Nous avons donc demandé, pour la 3e fois, la possibilité de faire une assemblée générale dans le théâtre. Nous attendons la réponse de la direction…

Nous sommes plus que jamais déterminés à continuer d’occuper l’Odéon. Les négociations de l’assurance chômage sur les annexes 8 et 10 viennent de reprendre.

Au delà de ces négociations sectorielles, nous n’oublions pas ce qui se trame pour nos droits sociaux collectifs. Il est demandé 800 millions d’euros d’économies sur le dos de l’ensemble des chômeurs : cela est inacceptable !

Ces attaques permanentes aux droits des chômeurs donnent au patronat le pouvoir d’imposer des conditions de travail indécentes, que le gouvernement entend légaliser par la Loi Travail.

Tout comme nos camarades occupant la Comédie-Française, nous sommes actuellement en train de discuter avec les salariés permanents et intermittents de ces théâtres de la réponse à faire à ces attaques.

Nous vous appelons à nous rejoindre ce soir pour une Assemblée Générale au Théâtre de l’Odéon à 19 h.

Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires, étudiants, salariés, avec ou sans papiers :
Ouvrons l’Odéon !
Grève Générale !

Les occupants du Théâtre de l’Odéon.
La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

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