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Avignon 2012 : l'égalité "homme femme" dans l'art et la culture... On peut en débattre !  12/07/2012

Avignon 2012 : l'égalité "homme femme" dans l'art et la culture... On peut en débattre !
Si la parité homme femme est revenue sur le devant de la scène dans notre pays à l'occasion des dernières élections présidentielle et législative, elle doit encore, malheureusement, connaître de grandes améliorations dans de nombreux domaines dont, aussi surprenant que cela puisse paraître, celui de l'art et de la culture.

En mai 2006, un premier rapport commandé par le Ministère de la Culture et de la Communication à Reine Prat - "Pour l'égal accès des hommes et des femmes aux postes de responsabilités, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation dans le secteur du spectacle vivant" -, suivi d’un second en mai 2009 - "De l’interdit à l’empêchement" - mettent en évidence des discriminations dont on ne soupçonnait pas l’ampleur. Suite à cette première prise de conscience, des acteurs et actrices de la société civile décident d’agir, ce qui entraînera la naissance du mouvement H/F et la création d'une première association en Rhône-Alpes en 2008. Des collectifs et des associations H/F se forment ensuite dans plusieurs régions (Ile-de-France, Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Picardie, Aquitaine, etc). Celles-ci se constituent en une Fédération inter-régionale lors du Festival d’Avignon 2011.

Les 8 collectifs H/F se retrouvent cette année (pour la quatrième année consécutive) au festival d'Avignon pour débattre et rencontrer le public et les professionnels.

● Mercredi 18 juillet : Journée Mouvement H/F : "Du constat des inégalités au passage à l'acte !"
Journée "coup de projecteurs" sur le Mouvement H/F et la diffusion de son Manifeste.
Sous le chapiteau du Village du Off :
> 14 h 30 - Conférence de Presse : lancement du Manifeste du mouvement H/F.
> 15 h - Débat "H/F impulse les Saisons Égalité hommes/femmes partout en France : réalisations et perspectives".
Ce débat sera consacré à la mise en place des Saisons Égalité partout en France, soulevant le problème de la gouvernance des lieux, des choix de production et de programmation des théâtres...
Invités : Christine Milleron (Le Lucernaire), François Rancillac (Théâtre de lʼAquarium), Romaric Daurier (Le Phénix, scène nationale de Valenciennes), des théâtres partenaires et des représentants du mouvement H/F.
> 17 h - Chronique critique des spectacles vus dans le Off à l'invitation de H/F.
En partenariat avec Avignon Festival & Compagnies.
Village du Off, 1 rue des Écoles, Avignon.

Sur la Péniche Rhône-Alpes :
> 15 h - Présentation et signature du Manifeste du mouvement H/F en présence de Jean-Jack Queyranne (Président du Conseil régional Rhône-Alpes) et Farida Boudaoud (Vice-présidente du Conseil régional Rhône-Alpes déléguée à la Culture et à la lutte contre les discriminations).
> 17 h : Bilan de la saison 1 Égalité homme-femme dans les arts et la culture en Rhône-Alpes et perspectives pour la saison 2 en présence des partenaires de la saison 1 et 2, et d'intervenants de différents secteurs artistiques.
En partenariat avec la Région Rhône-Alpes.
Péniche Rhône-Alpes, Quai de la Ligne, Avignon.

● Vendredi 20 juillet. Débat Festival d'Avignon - H/F : "Art et parité, mauvais genre ou genre nouveau ?"
De 15 h à 17 h dans la cour du Cloître Saint-Louis.

L'art et la culture, dans leurs spécificités, peuvent-ils intégrer l'idée de parité ?
Quels problèmes cela soulève-t-il ? Comment y remédier ?
Invités : Anne Bisang (metteuse en scène), Éric Fassin (sociologue), Geneviève Fraisse (philosophe), Jean-François Perrier (comédien), Nicole Pot (Inspectrice Générale des Affaires Culturelles, en charge de l'égalité homme-femme au Ministère de la Culture et de la Communication). Et d'autres invités et personnalités à confirmer.
Modération : Joëlle Gayot (journaliste et productrice à France Culture).
En partenariat avec le Festival d'Avignon.
Cour du Cloître Saint Louis, 20 rue du Portail Boquier, Avignon.

>> Signer le Manifeste du Mouvement H/F.

Photo : Affiche de l'un des spectacles des 3 Jeanne © DR. Martine Boéri créa, en compagnie de sa sœur Éliane et Chantal Pelletier (rejoint par Eva Darlan), les 3 Jeanne en 1976 (4 actrices pour cause d'alternance). Leur premier spectacle, "Je te le dis Jeanne c’est pas une vie la vie qu’on vit", démarre dans la petite salle de la Pizza du Marais et connaît immédiatement un énorme succès. La recette ? Épingler avec humour les rapports hommes-femmes...

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La Rédaction

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
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"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024