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Théâtre

Seconds coups de cœur Avignon 2016

Le Festival d'Avignon vient de refermer les lourdes portes du Palais des Papes et d'éteindre les projecteurs de sa 70e édition alors que le Off, lui, poursuit son pléthorique programme jusqu'au samedi 30 juillet. Voici donc notre deuxième sélection de coups de cœur… Sélection de spectacles ô combien injuste compte tenu du nombre présenté mais qui, à notre sens, sont le résultat du choix d'un texte de qualité, d'un travail de mise en scène original et/ou rigoureux, d'interprétations talentueuses ou ayant un parti pris correspondant à ce que nous défendons depuis des années.



"Le Messie du peuple chauve"

"Le Messie du peuple chauve" © François Vila.
"Le Messie du peuple chauve" © François Vila.
Simon, vingt-cinq ans, est atteint d'alopécie androgénétique (calvitie). Sa chute de cheveux est-elle une chute existentielle ? Comment s’adresser à l’Humanité pour lancer la révolte du peuple chauve et "reboiser l’âme humaine" ? Entre deux sphères, deux planètes - le crâne, boîte protectrice de l'intelligence humaine, et la Terre, lieu d'accueil de celle-ci - une même déforestation… Capillaire pour l'une, végétale pour l'autre !

Du 6 au 30 juillet 2016.
Théâtre du Petit Chien,
76, rue Guillaume Puy.
Tous les jours à 17 h 20.
Relâche les 12, 19 et 26 juillet.
Tél. : 04 90 85 89 49.

Texte : Augustin Billetdoux.
Mise en scène : Julie Duquenoÿ.
Avec : Ariane Brousse, Léa Dauvergne, Raphaël Mostais, Clément Séjourné,
Pierre Vos et Damien Zanoly ou François Deblock.
Scénographie et Lumières : Julie Duquenoÿ.
Vidéo : Romain François Marsal.
Collaboration artistique : Augustin Billetdoux.
Durée : 1 h.

"C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde"

© Giovanni Cittadini Cesi.
© Giovanni Cittadini Cesi.
Être l'origine du monde… vaste programme que nous présentent les Filles de Simone en compagnie de Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères dans une pièce où la grossesse est déclinée avec beaucoup d'humour dans ses joies, ses excès et ses contraintes.

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Du 7 au 30 juillet 2016.
La Condition des Soies, Salle Carrée,
13 rue de la Croix.
Tous les jours à 12 h 10.
Relâche le 20 juillet.
Tél. : 04 90 22 48 43.

"Grisélidis"

© Vincent Pontet, collection Comédie-Française.
© Vincent Pontet, collection Comédie-Française.
Du fond de la salle à l'avant-scène, Grisélidis (jouée par Coraly Zahonero) parle d'elle, de sa vie et tient colloque. Prostituée, sociologue, anarchiste, écrivain. Les mots hésitent à la caractériser.

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Du 8 au 30 juillet 2016.
Théâtre du Petit Louvre, Chapelle des Templiers.
Entrée rue Félix-Gras, au niveau du 29 rue Saint-Agricol.
Tous les jours à 18 h 15.
Relâche le jeudi.
Tél. : 04 32 76 02 79.

"Histoire vécue d'Artaud-Mômo"

© Lot.
© Lot.
Dans une mise en scène de Gérard Gélas, Damien Rémy nous fait revivre la Conférence du Vieux Colombier où Artaud, marqué par son internement psychiatrique, est en proie à des difficultés d'élocution, perdu dans ses mots et ses propos.

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Du 6 au 30 juillet 2016.
Théâtre du Chêne Noir, Salle John Coltrane,
8 bis, rue Sainte-Catherine.
Tous les jours à 17 h.
Relâche les 11, 18 et 25 juillet.
Tél. : 04 90 86 74 87.

"Le comte de Monte-Cristo"

© DR.
© DR.
Le chef-d'œuvre d'Alexandre Dumas est incarné sur scène par trois comédiens. La mise en scène de Véronique Boutonnet offre une dramaturgie intelligemment ramassée où la quintessence de l'œuvre du romancier garde toute sa saveur.

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Du 6 au 30 juillet 2016.
Théâtre des Barriques, Salle Rouge,
8, rue Ledru Rollin.
Tous les jours à 14 h 55.
Tél. : 04 13 66 36 52.

Gil Chauveau
Lundi 25 Juillet 2016

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

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© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

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© DR.
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Bruno Fougniès
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