La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon - 07/05/2015

Reprise d'une production de la mythique "Carmen" de Bizet à l'Opéra de Lyon dans la vision roborative qu'en a délivré en 2012 l'incontournable Olivier Py metteur en scène chéri de nos scènes lyriques. Un spectacle qui gratte et qui pique conçu pour choquer le (supposé) bourgeois jusqu'au 17 mai 2015. Disons-le tout net, cette "Carmen" vocalement et musicalement ne restera pas dans les annales de...  

"Tristan und Isolde" (retrouvés) à Bordeaux - 31/03/2015

Ce "monument" élevé au "rêve de l'amour", comme l'appelait Wagner lui-même dans une lettre à Franz Liszt, nécessitant un orchestre abondant, c'est à l'Auditorium (et sa grande fosse) que ce "Tristan" est donné. Ce qui complique éminemment la tâche du metteur en scène. C'est à Giuseppe Frigeni,...  

L'amour est dans "Le Pré aux clercs"... et à l'Opéra Comique ! - 27/03/2015

En ce moment et jusqu'au 2 avril, l'Opéra Comique propose une nouvelle production, "Le Pré aux clercs". Jérôme Deschamps ressuscite pour la deuxième fois depuis le début de son mandat une œuvre d'un compositeur de l'époque romantique, Ferdinand Hérold. L'œuvre créée en 1832 fit d'ailleurs les beaux jours de la maison pendant un siècle avant d'être oubliée dans un tiroir. Si vous aimez les duels...  

"Tristan und Isolde", bourgeois de Cornouailles ? - 23/03/2015

Jusqu'au 2 avril 2015 l'Opéra national du Rhin propose une nouvelle production de "Tristan und Isolde" de Richard Wagner, l'opéra de tous les superlatifs. Une distribution vocale de grande qualité emporte l'adhésion malgré les choix esthétiques plus que problématiques du metteur en scène Antony McDonald et du chef Axel Kober. "Tristan und Isolde", l'opéra créé à Munich en 1865 (mais terminé...  

"Siegfried et l'Anneau maudit", c'est reparti ! - 17/03/2015

À l'Amphithéâtre Bastille, c'est la reprise d'une excellente production à partir du 24 mars 2015. Il s'agit de la version miniature (mais pas mineure) de la tétralogie de Richard Wagner conçue par Charlotte Nessi et son ensemble Justiniana à destination d'un large public. Une occasion unique de faire connaissance avec son univers riche et poétique en moins de deux heures. Un héros, une quête, un...  

"Au Monde" dans le Purgatoire de la folie - 23/02/2015

Le livret, réécrit par Joël Pommerat à partir de sa pièce "Au Monde", met en scène des personnages qui appartiennent à ces grandes familles de l'acier qui ont donné plusieurs patrons au CNPF, ancêtre du Medef. Ils sont puissants, monstrueux mais gardant leur part d'énigme. Ils évoluent comme des...  

Alain Altinoglu, un chef fougueux à Bastille - 14/01/2015

À la fin d'une semaine tragique et entre deux séances de répétition agitées en ce vendredi 9 janvier (avec quelques musiciens de l'orchestre de l'Opéra de Paris inquiets pour leurs proches alors que la violence paralyse la ville), Alain Altinoglu m'accueille chaleureusement avec sa simplicité...  

Antoine Chenuet, le ténor gracieux - 24/12/2014

Jeune chanteur découvert à l'Opéra-Théâtre de Metz, le ténor Antoine Chenuet y a incarné avec talent Augustin, l'ami au front de Sébastien Guèze dans "Un Amour en guerre", l'opéra de Caroline Glory. À l'orée d'une carrière qu'on lui souhaite riche, il nous a accordé cet entretien. Avant deux prises de rôle à Dijon et à Metz en 2015, Antoine Chenuet nous raconte la naissance d'une vocation. Rieur...  

"Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée - 04/12/2014

La Compagnie Manque Pas d'Airs est de retour. Son nouveau spectacle "Et le coq chanta…", inspiré des "Passions" de Jean-Sébastien Bach, s'arrête pour cinq dates au Théâtre de l'Athénée* dès le 11 décembre 2014, avant de partir en tournée sur les routes de France. Nous connaissons la Compagnie Manque Pas d'Airs et son passionnant travail en faveur de l'art lyrique pour tous depuis 2007, et sa...  

La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac - 28/11/2014

La mezzo-soprano Stéphanie d'Oustrac et son complice le pianiste Pascal Jourdan nous offrent un très beau cadeau avant Noël avec un troisième opus chez Ambronay dédié cette fois à la mélodie française au mitan des dix-neuvième et vingtième siècles. Ces mélodies de Henri Duparc à Reynaldo Hahn en passant par Jacques de la Presle, Claude Debussy et Lili Boulanger proposent un dialogue unique entre...  
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À Découvrir

"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.

© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.

Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

Brigitte Corrigou
09/10/2024
Spectacle à la Une

"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

L'apogée du Dub a eu lieu dans les années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Les codes ont changé depuis, le mariage d'une hétérogénéité de tendances musicales est, depuis de nombreuses années, devenu courant. Le Dub met en exergue le couple rythmique basse et batterie en lui incorporant des effets sonores. Awir Leon, situé côté jardin derrière sa table de mixage, est aux commandes.

Safidin Alouache
17/12/2024
Spectacle à la Une

"R.O.B.I.N." Un spectacle jeune public intelligent et porteur de sens

Le trio d'auteurs, Clémence Barbier, Paul Moulin, Maïa Sandoz, s'emparent du mythique Robin des Bois avec une totale liberté. L'histoire ne se situe plus dans un passé lointain fait de combats de flèches et d'épées, mais dans une réalité explicitement beaucoup plus proche de nous : une ville moderne, sécuritaire. Dans cette adaptation destinée au jeune public, Robin est un enfant vivant pauvrement avec sa mère et sa sœur dans une sorte de cité tenue d'une main de fer par un être sans scrupules, richissime et profiteur.

© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024