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Théâtre

Avignon Off 2012 : Quand Blanche est battue en Neige... Ou les frères Grimm version culinaire !

Avignon Off 2012, "La cuisine de Blanche-Neige", Laurette Théâtre, Avignon

Dans "La cuisine de Blanche-Neige", le spectateur assiste à un cours de conte illustré par la cuisine. Animé par une cuisinière (Peggy Semeria) pleine de faconde et de son assistant (Frédéric Chevaux) bien innocent, le spectateur apprend comment désosser le conte de Blanche-Neige et en extraire le suc et la moelle.



"La cuisine de Blanche-Neige" © DR Avignon le OFF.
"La cuisine de Blanche-Neige" © DR Avignon le OFF.
Irréprochable sous le plan de la démonstration et du jeu, cette proposition est un petit chef-d’œuvre d’humour qui dévoile les liens mystérieux entre le goût, la nourriture, l’amour, la cruauté et les récits imaginaires.

Assurément, les enfants ayant découvert les dessous des frères Grimm ne liront plus les contes comme avant.

Joie et frénésie assurées.

"La cuisine de Blanche-Neige"

"La cuisine de Blanche-Neige" © DR Avignon le OFF.
"La cuisine de Blanche-Neige" © DR Avignon le OFF.
"La cuisine de Blanche-Neige"
De Frédéric Chevaux et Peggy Semeria.
Mise en scène : Angélique Charmey.
Avec : Frédéric Chevaux et Peggy Semeria.
Régisseur : S. Husson.
Durée : 1 h.

Avignon Off 2012
Spectacle du 7 au 28 juillet 2012.
Tous les jours à 13 h 10, grande salle.
Laurette Théâtre, 16-18, rue Joseph Vernet, Place Crillon, Avignon, 09 53 01 76 74.
>> laurette-theatre.fr

Jean Grapin
Mardi 17 Juillet 2012

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© Philippe Hanula.
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La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
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Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
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