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RV du Jour

À écouter : Richard Bohringer, baroudeur lucide et lumineux (épisode 2)

À la scène comme dans la vie, Richard Bohringer est dans l'échange et l'écoute de l'autre. Dans cette deuxième partie, il porte un regard lucide et "engagé" sur ce qu'est le spectacle vivant aujourd'hui et sur les difficultés pour les jeunes compagnies, comme pour lui, de se produire dans les salles de spectacle et tout particulièrement à Avignon, dans le cadre du Festival Off.



© Bruce Pierson.
© Bruce Pierson.
Richard Bohringer sera donc 5 jours en juillet au Théâtre du Petit Louvre à Avignon, lieu où il s'était déjà produit lors d'un précédent spectacle. C'est l'occasion d'échanger sur sa perception de la politique culturelle actuelle et du désengagement des pouvoirs publics dans ce domaine. C'est la parole d'un homme qui, avant d'avoir connu la "célébrité" avec le cinéma (notamment avec "Diva" de Jean-Jacques Beineix en 1981, "L’addition" de Denis Amar en 1984, César du meilleur acteur dans un second rôle, et "Le Grand Chemin" de Jean-Loup Hubert en 1987, César du meilleur acteur), débuta sa carrière de comédien dans les MJC et les multiples structures associatives qui offraient dans les années 70-80 de nombreuses possibilités de productions et de représentations aux artistes, dans des conditions artistiques et financières résultant d'une volonté affirmée de l’État (via le Ministère de la culture) de promouvoir et de développer les pratiques artistiques. Un regard opportun à l'heure où de nombreux lieux sont en "péril", beaucoup de productions en difficultés... et où le statut d'intermittent devient de plus en plus précaire...

"Traîne pas trop sous la pluie" de et avec Richard Bohringer.
Un seul en scène à fleur de vie, à fleur de peau.
5 représentations exceptionnelles du 15 au 19 juillet 2011 à 23 h.
Théâtre du Petit Louvre, Chapelle des Templiers, Avignon.
Contact : lalune@lalunedanslespieds.com

Musique : Pierre-Yves Plat
richard_bohringer_episode_2a.mp3 Richard Bohringer Episode 2a.mp3  (11.46 Mo)


Gil Chauveau
Samedi 18 Juin 2011

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
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© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

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Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.

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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

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Safidin Alouache
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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024