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RV du Jour

À écouter : Catherine Marchal, talentueusement féminine ! (épisode 1)

Cette année, Catherine Marchal a décidé de relever le marathon du Festival Off d’Avignon. Elle y présente au Théâtre la Luna une pièce déjà jouée pendant deux saisons consécutives : "L’histoire d’une femme qui voulait avoir un enfant". Au propos simple, mais pas simpliste, le texte est à l’image de cette comédienne… juste et touchant.



Catherine Marchal © Nathalie Mazéas
Catherine Marchal © Nathalie Mazéas
On la connaît peut-être mieux sur le petit écran ou au cinéma dans les films d’Olivier Marchal, avec "36 quai des Orfèvres" ou "MR 73", notamment. Dans cette pièce, l’actrice montre une facette encore différente de son talent : ici, c’est la comédienne de théâtre, mais aussi la femme qui s’exprime. Mise en scène sans fioriture et avec beaucoup de finesse par Nadine Trintignant, Catherine Marchal nous fait vivre, avec amour, humour, colère, dérision, force et tendresse, le parcours d’une femme qui se bat pour avoir un enfant.

Mais ce spectacle n’est pas que cela. Au-delà d’un témoignage de femme très émouvant, il pose aussi un constat, celui d’un être face à ses doutes et d’une société face à ses contradictions.

Le propos est donc loin d’être féministe. Disons que le sujet est plutôt anti-conformiste au théâtre et pointe des tabous encore bien ancrés aujourd’hui. Le texte remue (et pas seulement les femmes !) et la comédienne émeut.

Dans cette interview, Catherine Marchal raconte (entre autre) son coup de foudre avec cette pièce… étonnante.

Une chose de sûre, chaleur et humanité animent cette artiste qui a tout sauf attrapé la grosse tête !

Bonne écoute !
catherine_marchal,_interview,_episode_1.mp3 Catherine Marchal, interview, épisode 1.mp3  (4.97 Mo)


Texte : Carlotta Clerici.
Mise en scène : Nadine Trintignant, assistée de Vincent Trintignant.
Avec : Catherine Marchal.
Scénographie : Ambre Sansonetti.
Lumières : Ricardo Casas
Régie : Laurent Deconte

Du 8 au 31 juillet.
Théâtre La Luna.
Réservations : 04 90 86 96 28.
www.avignonleoff.com

À venir : Deuxième et dernier épisode de notre entretien avec Catherine Marchal.

Générique de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

Dimanche 17 Juillet 2011

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"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun

Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme.
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© Philippe Hanula.
Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa "chute" et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.

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"Dub" Unité et harmonie dans la différence !

La dernière création d'Amala Dianor nous plonge dans l'univers du Dub. Au travers de différents tableaux, le chorégraphe manie avec rythme et subtilité les multiples visages du 6ᵉ art dans lequel il bâtit un puzzle artistique où ce qui lie l'ensemble est une gestuelle en opposition de styles, à la fois virevoltante et hachée, qu'ondulante et courbe.

© Pierre Gondard.
En arrière-scène, dans une lumière un peu sombre, la scénographie laisse découvrir sept grands carrés vides disposés les uns sur les autres. Celui situé en bas et au centre dessine une entrée. L'ensemble représente ainsi une maison, grande demeure avec ses pièces vides.

Devant cette scénographie, onze danseurs investissent les planches à tour de rôle, chacun y apportant sa griffe, sa marque par le style de danse qu'il incarne, comme à l'image du Dub, genre musical issu du reggae jamaïcain dont l'origine est due à une erreur de gravure de disque de l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, en mettant du reggae en version instrumentale. En 1967, en Jamaïque, le disc-jockey Rudy Redwood va le diffuser dans un dance floor. Le succès est immédiat.

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Safidin Alouache
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© DR.
C'est l'injustice sociale que les auteurs et la metteure en scène Maïa Sandoz veulent mettre au premier plan des thèmes abordés. Notre époque, qui veut que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus pauvres, sert de caisse de résonance extrêmement puissante à cette intention. Rien n'étonne, en fait, lorsque la mère de Robin et de sa sœur, Christabelle, est jetée en prison pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché pour nourrir ses enfants suite à la perte de son emploi et la disparition du père. Une histoire presque banale dans notre monde, mais un acte que le bon sens répugne à condamner, tandis que les lois économiques et politiques condamnent sans aucune conscience.

Le spectacle s'adresse au sens inné de la justice que portent en eux les enfants pour, en partant de cette situation aux allures tristement documentaires et réalistes, les emporter vers une fiction porteuse d'espoir, de rires et de rêves. Les enfants Robin et Christabelle échappent aux services sociaux d'aide à l'enfance pour s'introduire dans la forêt interdite et commencer une vie affranchie des règles injustes de la cité et de leur maître, quitte à risquer les foudres de la justice.

Bruno Fougniès
13/12/2024